OULHADJ, MOHAND (MOKRANE AKLI, DIT) (1911-1972) Il est né le 7 mars 1911 à Bouzeguène (douar Akfadou, Tizi-Ouzou), dans une famille de forgerons. Après des études primaires à l’école d’Aït Ikhlef et de Michelet, il obtient son certificat d’études en 1926. Il opte pour l’émigration en France où il travaille comme ouvrier dans une usine. De retour en Algérie, il s’installe, un moment, à Sétif comme forgeron et fréquente des partisans de Ferhat Abbas. Il est, en 1943, contremaître à l’usine Sochina à Alger. Il revient à Bouzeguène en 1948 et exerce le commerce en matériaux de construction et alimentation générale. Après le déclenchement du 1er novembre 1954, il collecte des fonds pour le FLN. Il rejoint le maquis, en Kabylie, en novembre 1955 avec son épouse et ses trois enfants et offre toute sa fortune (sept millions d’anciens francs) au FLN. Il est l’un des rares chefs du FLN à avoir mené la guerre jusqu’à l’indépendance à l’intérieur du pays. Très attaché au colonel Mohammedi Saïd, il gravit rapidement tous les échelons et à la fin de l’année 1957, il est promu au grade de commandant et adjoint du colonel Amirouche. Désigné chef de la Wilaya 3 par intérim par Amirouche qui était en partance pour la Tunisie, il lui succède à sa mort. Oulhadj est nommé officiellement chef de wilaya le 31 octobre 1959 et élevé au rang de colonel en novembre 1959. Surnommé « le sage » ou « Amghar » (le vieux), Mohand Oulhadj a réussi à gérer, sans grands dommages, plusieurs situations complexes : la difficile succession d’Amirouche, la rivalité avec Abderrahmane Mira, les conséquences de la « bleuïte », la crise des « officiers libres ». Il ne souscrit pas à la démarche de la Wilaya 4 en faveur de la « paix des braves » et fait face à l’opération « Jumelles » (juillet 1959-avril 1960) qui a désorganisé sa wilaya et causé d’importantes pertes humaines et matérielles. Membre du CNRA (1960), il reste loyal au GPRA à l’indépendance et procède à la levée des couleurs le 5 juillet 1962 à Sidi Ferruch. Maintenu chef de l’ANP en Kabylie malgré son désaccord avec Ben Bella, il devient chef militaire des combattants du FFS en septembre 1963 avant de se raviser lors de la « guerre des sables » avec le Maroc. Il approuve le coup d’État de Boumediene et entre au Conseil de la révolution et au bureau exécutif du FLN. Il se retire de la politique après le coup d’État avorté du colonel Zbiri de décembre 1967. Il décède à Paris le 2 décembre 1972. Ali GUENOUN
Bibl. : Mohand Said Akli, Si Mohand Said raconte Amghar. Le colonel Mohand Oulhadj, Savoir, 2010 • Amar Azouaoui, Le Colonel Si Mohand Oulhadj, chef de la wilaya 3, face aux diverses crises internes et à l’opération « Jumelles », récits et témoignages, El Amel, 2008.
In. Dictionnaire de la guerre d’Algérie ( s.dir. T. Quemeneur, O. Siari Tengour et S. Thénault), Bouquins éditions, Paris, 2023, p. 1177-1178.

Laisser un commentaire