Luis Teixeira (historien)

« L’analyse transporte le lecteur […] grâce à une écriture limpide et rigoureuse qui ne sacrifie jamais au jargon et encore moins aux simplifications manichéennes.

          De manière très fine, Ali Guenoun montre toutes les contradictions du discours colonial sur la « berbérité » qui, en même temps qu’il dénigre la valeur de ses productions culturelles, la valorise pour mieux rabaisser « l’arabité » ; des contradictions qui ont pu in fine nourrir le contre-discours des défenseurs de cette « berbérité » et particulièrement des instituteurs kabyles qui formeront, pour beaucoup, les futurs combattants de l’indépendance.

        Une telle recherche contribuerait non seulement à mieux comprendre l’histoire intellectuelle et politique de l’État-nation algérien, mais aussi l’histoire de l’État-nation français dans sa dimension impériale ». Luis Teixeira (historien), Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 159 | 2024.

Yassine Temlali (historien)

« Cet ouvrage se veut une réponse circonstanciée à la question de savoir « comment le référent identitaire kabyle est devenu un paramètre de l’histoire politique de l’Algérie contemporaine et du nationalisme radical et indépendantiste ». L’auteur, Ali Guenoun, en pousse l’exploration plus loin que jamais auparavant, mobilisant de nombreuses sources primaires qu’il soumet à une critique rigoureuse.

           L’ouvrage consacre un long développement aux discussions qui ont eu lieu à l’été 1954 entre les responsables du PPA-MTLD en Grande-Kabylie et les activistes au sujet du statut de la Kabylie au sein de la nouvelle organisation politico-militaire à construire. Krim Belkacem a vaincu leurs réticences à considérer cette région comme une zone à part entière, au même titre que l’Algérois ou le Nord-Constantinois, et pendant les deux premières années de l’insurrection (1954-1956), il en a étendu le territoire jusqu’à ce qu’il englobe les deux Kabylies berbérophones créant ainsi, au sein du FLN, une subdivision politico-militaire strictement kabyle. L’auteur étudie aussi longuement ce qu’on peut qualifier de prééminence kabyle dans les rangs de l’insurrection jusqu’à 1959 : des Kabyles ont commandé trois wilayas du FLN sur six et ont conduit des missions pour l’implanter ou le réorganiser dans d’autres régions […], ce qui n’a pas manqué de susciter des craintes régionalistes d’une kabylisation en marche du mouvement de libération.

         Outre sa riche documentation, le nombre impressionnant d’acteurs-témoins qu’il met en scène […] et, enfin, les questions qu’il permet de soulever […], ce travail a une qualité première. Il s’agit du courage déployé pour démystifier-démythifier deux temps de l’histoire nationaliste par une double opération de clarification. La première les soustrait à l’ombre épaisse dans laquelle les tient une certaine histoire convenue, celle des vainqueurs. La seconde les retire de l’aveuglante lumière dans laquelle les plonge le récit historique du mouvement berbère qui, souvent, réduit leurs débats et conflits à leurs aspects ethniques et fait des acteurs kabyles du nationalisme radical, quand bien même eussent-ils eu des différends quelquefois sanglants, un objet unique de dévotion identitaire » ». Yassine Temlali (historien), Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 151 | 2022.

Jean-Pierre Sereni (écrivain/journaliste)

« Dans un ouvrage tiré d’une thèse soutenue en 2015 à l’université Paris 1, Ali Guenoun retrace deux moments clés de la « question kabyle » : la crise berbériste en 1949-1950 et la montée en puissance au sein du FLN de la wilaya 3 et de son chef Krim Belkacem entre 1957 et 1959.

       Ce livre rigoureux […] éclaire les débats et polémiques qui déchirent encore le pays à propos de son unité et de son avenir ». Jean-Pierre Sereni (écrivain/journaliste), Orient XXI, 3 janvier 2022.

     Denise Brahimi (universitaire)

« Le livre d’Ali Guenoun fait comprendre que […]la crise [de 1949] est l’origine d’autres qui ne manqueront pas de se manifester brutalement lorsque les circonstances s’y prêteront ». Denise Brahimi (universitaire), Lettre culturelle franco-maghrébine n°66.

     Mustapha Harzoune (journaliste)

  « Ali Guenoun […] livre une sociologie précise des acteurs, fait l’inventaire des lieux, notamment des cafés dans l’immigration, à la fois espace de propagande, d’opposition, de lutte et de violence. Il fouille les enjeux et les impasses de la crise, en repère les amnésies et les resucées, les « thèses et foutaises », pendant et après la guerre. Il y est aussi question de mémoire : mémoire des victimes et de leur famille, mémoire instrumentalisée, souillée, « empêchée », invisibilisée – notamment dans les entreprises mémorielles franco-algériennes. La plume, précise, jalouse de l’autonomie du chercheur, ne cache pas l’empathie de l’historien – lecteur de Feraoun – pour les acteurs et les victimes de cette histoire qui court sur treize ans. Pour autant, elle se refuse à toute compromission, à tout militantisme. Elle expose les faits, pose des hypothèses, quitte à fâcher les doxas nationalistes ou communautaires, à déchirer les silences et les solidarités des anciens camarades de lutte ou à heurter « la terrible loi du nif » ». Mustapha Harzoune (journaliste) Revue Hommes et migrations, N°1334 juillet-septembre 2021

 Guy Pervillé (historien)

« Un livre passionnant ». Guy Pervillé (historien), Revue Outre-Mers 2022/2

        Salim Chena (politiste)

« L’ouvrage foisonnant de l’historien Ali Guenoun est un jalon important de l’historiographie de l’indépendantisme algérien. […] ce livre est un camouflet aux analyses culturalistes et questionne nombre de discours autour des « Kabyles », de la « Kabylie » et de la nation algérienne. Cette lecture indispensable aux études algériennes n’est pourtant pas un traité ethnologique sur la Kabylie ou la défense d’une quelconque cause berbère. Au contraire, l’auteur s’attache à retracer l’émergence et l’institutionnalisation du « référent identitaire kabyle » comme « paramètre » du politique en Algérie afin de mieux déconstruire le « berbérisme » des uns ou des autres dans une perspective socio-historique.

        Ali Guenoun offre ainsi une perspective inédite sur le nationalisme algérien en Kabylie et propose une sociologie historique originale des nationalistes kabyles, illustrées en annexe par trois cartes qu’il a réalisées. Son ouvrage éclaire aussi des problématiques d’actualité ». Salim Chena (politiste), The Journal of North African Studies, 29(2), 2023.

Rémi Caucanas (historien)

« Fruit d’un travail de recherches de plus de dix ans et d’une thèse de doctorat soutenue en Sorbonne en 2015, cet ouvrage s’adresse d’abord à de bons connaisseurs de l’histoire contemporaine de l’Algérie. Parce qu’il est une belle pièce d’historiographie, il intéressera cependant aussi des étudiants qui y trouveront une véritable leçon de méthode, de sérieux, sans oublier une belle qualité littéraire, appréciable pour aborder un sujet pointu.

        Mais parce qu’il renouvelle un questionnement plus large sur la dimension kabyle de l’Algérie moderne et la gestion du pluralisme culturel dans ce pays, cet ouvrage devrait rencontrer l’intérêt de toutes celles et tous ceux, qui, soixante ans après les Accords d’Evian7– le 18 mars 1962 –, s’interrogent encore, souvent avec passion, sur le destin de l’Algérie ». Rémi Caucanas (historien), Chrétiens de la Méditerranée, avril 2024.

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Historien et docteur en histoire (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), mes travaux portent sur l’histoire de l’Algérie contemporaine et du monde amazigh/berbère.

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